mercredi 3 avril 2013

Engagé pour servir et non pour se servir...


Incompréhension, consternation, colère… Difficile de trouver les mots justes face au mensonge proféré et avoué par Jérôme Cahuzac. Difficile d’accepter, aussi, une réalité qui contredit ses idéaux et ses combats et qui roule l’ensemble des élus et les politiques, quelle que soit leurs sensibilités d’ailleurs, dans la fange et l’opprobre.
Parce que je suis militant socialiste, je ne peux accepter une telle tâche qui salie l’honneur et l’engagement de tous ceux qui se sont tant battu, campagne après campagne, distribution après réunions publiques pour défendre honnêtement leurs convictions profondes et porter François Hollande à la tête de l’Etat.
 
Parce que j’avais combattu et dénoncé les dérapages et autres affaires qui avaient fait flores et sali la République sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, je suis écœuré de ceux qui touchent un responsable issu de mon propre parti politique.

Mais à quoi pensais donc Jérôme Cahuzac en mentant sur sa situation et en combattant par ailleurs, quelle blague, la fraude fiscale… ? Pensait-il à l’Honneur du Gouvernement et du Président de la République qui lui faisaient confiance ? Pensait-il à ces militants du quotidien qui argumentent, défendent et s’engagent au nom d’un idéal dont il n’était lui-même pas digne et qui recevront dès aujourd’hui à la figure crachats, insultes et quolibets? Pensait-il aux milliers d’élus qui font leur travail au service des autres et dont une partie de l’honneur et de la probité vient de partir avec l’eau du bain de la blanchisserie Suisse ? Pensait-il au front national qui s’enrichit de ces déjections et qui vend, à bon prix, sa haine des autres contre quelques faciles « tous pourris » ? Pensait-il aux victimes de la crise, aux précaires, aux retraités, aux familles qui se battent et attendent de leurs responsables des solutions à l’urgence sociale ?

L’engagement politique c’est servir et non pas se servir.

Il faut à présent revenir aux fondamentaux, rappeler que l’engagement politique c’est servir et non pas se servir et qu’en gagnant une élection on remporte surtout et avant tout le devoir d’être exemplaire.
Plus que des excuses pour le dérapage d’un seul qui salie l’action de tous, le Gouvernement doit à présent adresser un signal fort et concret au pays. Cela passe par une décision rapide sur non cumul des mandats, par une troisième vague de décentralisation ambitieuse qui donne une organisation administrative et politique claire et des moyens aux collectivités afin qu’elles assurent leurs services publics. Cela passe aussi par une réforme fiscale globale qui redonne à la justice un sens sonnant et trébuchant.

Le Gouvernement doit à présent adresser un signal fort et concret au pays.

Sur les 60 engagements de François HOLLANDE, 40 ont déjà été tenus. Contrats de génération pour l’emploi des jeunes et les séniors, emplois d’avenir, création de la banque publique d’investissement, gratuité des terrains d’Etat pour construire du logement pour tous, moyens donnés à l’école, encadrement des loyers, augmentation de l’allocation rentrée scolaire… Tout cela n’est pas rien.
Il faut continuer à nous battre pour relancer la croissance, l’emploi, accompagner ceux qui en ont besoin, redresser les comptes de l’Etat, préparer la transition énergétique… Le reste n’est que littérature. Pour faire taire les critiques revenons aux fondamentaux et travaillons, dans l’humilité et sur la durée.

Face à ceux qui n’attendent que l’échec de notre pays pour promouvoir leur succès personnel, il faut répondre collectif, nous serrer les coudes, quelles que soient nos sensibilités, poursuivre l’effort et se retrousser ensemble les manches.