Incompréhension, consternation,
colère… Difficile de trouver les mots justes face au mensonge proféré et avoué
par Jérôme Cahuzac. Difficile d’accepter, aussi, une réalité qui contredit ses
idéaux et ses combats et qui roule l’ensemble des élus et les politiques,
quelle que soit leurs sensibilités d’ailleurs, dans la fange et l’opprobre.
Parce que je suis militant
socialiste, je ne peux accepter une telle tâche qui salie l’honneur et
l’engagement de tous ceux qui se sont tant battu, campagne après campagne,
distribution après réunions publiques pour défendre honnêtement leurs
convictions profondes et porter François Hollande à la tête de l’Etat.
Parce que j’avais combattu et
dénoncé les dérapages et autres affaires qui avaient fait flores et sali la
République sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, je suis écœuré de ceux qui
touchent un responsable issu de mon propre parti politique.
Mais à quoi pensais donc Jérôme Cahuzac
en mentant sur sa situation et en combattant
par ailleurs, quelle blague, la fraude fiscale… ? Pensait-il à l’Honneur
du Gouvernement et du Président de la République qui lui faisaient confiance ?
Pensait-il à ces militants du quotidien qui argumentent, défendent et
s’engagent au nom d’un idéal dont il n’était lui-même pas digne et qui
recevront dès aujourd’hui à la figure crachats, insultes et quolibets? Pensait-il
aux milliers d’élus qui font leur travail au service des autres et dont une
partie de l’honneur et de la probité vient de partir avec l’eau du bain de
la blanchisserie Suisse ? Pensait-il au front national qui s’enrichit de ces
déjections et qui vend, à bon prix, sa haine des autres contre quelques faciles
« tous pourris » ? Pensait-il aux victimes de la crise, aux
précaires, aux retraités, aux familles qui se battent et attendent de leurs
responsables des solutions à l’urgence sociale ?
L’engagement politique c’est servir et non pas se servir.
Il faut à présent revenir aux
fondamentaux, rappeler que l’engagement politique c’est servir et non pas se
servir et qu’en gagnant une élection on remporte surtout et avant tout le
devoir d’être exemplaire.
Plus que des excuses pour le
dérapage d’un seul qui salie l’action de tous, le Gouvernement doit à présent
adresser un signal fort et concret au pays. Cela passe par une décision rapide
sur non cumul des mandats, par une troisième vague de décentralisation
ambitieuse qui donne une organisation administrative et politique claire et des
moyens aux collectivités afin qu’elles assurent leurs services publics. Cela
passe aussi par une réforme fiscale globale qui redonne à la justice un sens
sonnant et trébuchant.
Le Gouvernement doit à présent adresser un signal fort et concret au pays.
Sur les 60 engagements de
François HOLLANDE, 40 ont déjà été tenus. Contrats de génération pour l’emploi
des jeunes et les séniors, emplois d’avenir, création de la banque publique d’investissement,
gratuité des terrains d’Etat pour construire du logement pour tous, moyens
donnés à l’école, encadrement des loyers, augmentation de l’allocation rentrée
scolaire… Tout cela n’est pas rien.
Il faut continuer à nous battre
pour relancer la croissance, l’emploi, accompagner ceux qui en ont besoin,
redresser les comptes de l’Etat, préparer la transition énergétique… Le reste n’est
que littérature. Pour faire taire les critiques revenons aux fondamentaux et travaillons,
dans l’humilité et sur la durée.